Amarylli
s.
Tu es arrivée à l’état de bulbe un certain samedi du mois de novembre.
Offrande de nos tendres amis Marilyn & Neil.
Trois semaines plus tard,
Amaryllis, tu éclates de rouge, tes fleurs ouvertes.
Beauté pour nos jours de tous les jours.
Qu’est-ce qu’il faut ajouter à la vie, à nos jours, à nos heures ? Qu’est-ce qu’il faut ajouter à ce qu’il y a devant soi, en soi, près de soi ? Qu’est-ce qu’il faut ajouter au temps ?
J’ai longtemps cherché à combler les trous, ces espaces dont le vide m’échappait. Longtemps, j’ai cherché à les remplir avec toujours un peu plus d’objets, plus de vêtements, plus de souliers, plus de crèmes. Longtemps, j’ai pensé qu’avec plus d’intelligence, plus de beauté, plus d’argent, plus de photos de voyages, plus de santé, plus de vitalité, plus et plus et plus, je serais plus heureuse.
Un Carrefour Laval, Smart!Centres de bonheur. Une autoroute de surconsommation pour maquiller le vide. Une grande consommatrice pour les jours de petitesse, les jours de tristesse, les jours où l’action doit prendre le dessus sur le repos, le rien faire. Un labyrinthe d’apparences où vivre n’est plus. Seulement un panier d’achat de l’inutile.
Longtemps, très longtemps, j’ai cherché. Jusqu’à ces derniers mois, pour être franche.
Ces dernières semaines, il y a ce quelque chose, si petit, qui me surprend. Un visiteur invisible. Il se pointe quand il veut. Après des jours de branle-bas émotionnel, parfois après une tempête de larmes, de frustrations, de peurs. Et puis, ça – qu’il m’est impossible de nommer– se glisse entre une nuit et mes rêves, et me réveille avec cette sensation. Je suis pleine de rien. Si légère.
Ce n’est pas la première fois que – ça – vient me visiter. Il se présente depuis bien des années. Avant, je cherchais à comprendre d’où – ça – venait. Comme j’ai toujours cherché pourquoi certains jours je suis en crise, en questionnement. À 55 ans. J’apprends. Lentement. À respirer. À regarder autour de moi. Je laisse la vie se dérouler. Et je m’enroule avec elle. La seconde d’après tout peut changer.
Si légère, ces jours-ci.
Pas de sapin de Noël. Pas de cadeaux emballés. Amaryllis s’est déballée toute seule. Je n’ai besoin de rien. La musique vit entre les murs habillés de formes, couleurs, différentes. Tableaux et créations d’amis artistes. Et la poterie de mon Homme. Les dessins des petits-enfants de Ray. Les dessins des enfants de mes nièces. Je n’ai besoin de rien. Je n’ai qu’à regarder. Les couchers de soleil, vue de notre nouveau lieu de vie. Bibliothèque avec livres aimés, oubliés au fil des mois, des ans. N’importe quand je peux en prendre un, l’ouvrir, lire une phrase, le refermer. Les mots consolateurs. Les mots réparateurs. Me promener, petit sentier, tout près de la Rivière-des-Prairies.
Et sans eux. Les humains de ma vie qui vont et viennent. Derrière la porte. Leurs bras chargés d’amour, d’amitié, de petites douceurs. Voix au téléphone. Mots de tendresse, de complicité. J’ai tout.
Et le corps chaud de mon nouveau mari dans le lit !

Christiane
Le 24 décembre 2014
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Merci encore une fois Christiane. Joyeux Noël a toi et ton Homme . Je vous embrasse très fort.
Merci à toi aussi Monique ! Bises à vous deux.