Poète, je ne suis pas. Des explorations, des mots au hasard, des mots lancés dans les airs, retombent dans cet espace. Mosaïque des sens, des émotions, des mouvances du corps et de la vie. Une suite de mots. C’est tout.
(Suite de mots. Le 4 février 2024, 14 h)
Dans la lumière hivernale
étendre
sur la corde à linge
le noir de mes humeurs
(Après quatre ans d'absence poétique, je reviens.
Suite de mots. Le 24 janvier 2024, 12 h 42)
Un bateau jaune glisse sur le fleuve
contre mon coeur
un vent de glace
(Suite de mots. Le 27 décembre 2020, 15 h 40)
Aux feux de circulation
un homme courbé pousse une chaise roulante
sur le siège
une caisse de bière.
(Suite de mots. Le 20 décembre 2020, 14 h 25)
Dans les haut-parleurs,
le Messie de Haendel
une douce neige tombe
une tuque de père Noël passe devant la fenêtre
(Suite de mots. Le 15 décembre 2020, vers 14 h 40)
Ici, Montréal,
- 10 0C
une femme attend l'autobus
ses pieds dans des couvre-chaussures bleus de l'hôpital
(Suite de mots. Le 13 décembre 2020) Un chien blanc sous un lampadaire la lune tombe dans une flaque d'eau glacée une vieille dame perd son présent
(Suite de mots. Le 20 novembre 2020, vers 14 h) Assise avec un jour de novembre volent les cris joyeux d'enfants au-dessus de la rivière.
(Suite de mots. Le 20 novembre 2020)
PROMENADE PRÈS DE LA RIVIÈRE, ENTRE 14 H ET 15 H
Sous une cathédrale d’arbres
je marche
côté cœur
un tronc dort sur la rivière
mes yeux tombent dans l’eau.
Habite dans les pas de novembre
un sentier de silence.
Sous un amas de sacs à ordures
un homme assis près d’un arbre
une femme cache son cœur.
Plus loin
une femme croise un homme
pipe dans la bouche
main dans une poche
laisse dans le sillage
autrefois
un amour.
Au coin de la rue Saint-François-d’Assise
le soleil perce un nuage
une femme aux pas de course.

Crédit photo-montage : Sylvie Béliveau, novembre 2020
(Suite de mots. Le 16 novembre 2020, 14 h 10) Le vent bascule les chaises d'été c'est le temps de rentrer je ne sais où aller.
(Suite de mots. Le 15 novembre 2020, vers 11 h) Gris. Le jour sur le bitume. Blanc. L'auto sous l'abri tempo. J'attends la neige.
(Suite de mots. Le 18 Mars 2020) J'ai perdu l'adresse. L'amour n'habite plus la terre.
(Suite de mots. Le 18 Mars 2020) Déchirée la robe d'une femme à genoux elle tombe s'ouvre la terre la femme disparaît.
(Suite de mots. Le 27 décembre 2019, 13 h 35) Givre sur le pare-brise. Déglacé l’auto. Déglacé mon cœur.
(Suite de mots. Octobre 2019) TROUS Des trous dans mon coeur dans le ciel dans la terre. Tu ne vois pas les trous. Tu ne vois pas tes trous.
Suite de mots. Août 2019) RIEN Il n'y a rien juste le plein du rien je suis bien.
(Suite de mots. Juillet 2019) Je voyage sur ton continent corps le tour du monde j'en oublie.
(Suite de mots. Juin 2019)
MYOSOTIS (Forget me not*)
pour toi, Ray (1940 – 2016)

Image par Hans Braxmeier de Pixabay
Les myosotis bleus
couchés
dans l'herbe verte.
Tes yeux.
Tes yeux bleus
ne sont plus
dans nos draps.
Forget me not.
Moi non plus
je ne t’oublie pas.
Tes yeux.
Tes yeux bleus
sous l'herbe verte.
* Forget me not est le nom en anglais pour myosotis
(Suite de mots. Mai 2019) - pour toi, A. Tu écoutes Bach. J'écoute la pluie.
(Suite de mots. Hiver 2019) UNE FEUILLE DE PAPIER Une feuille de papier blanche à peine noircie de mots dans le recyclage je la reprends écrire les mots les miens ceux des autres à ne pas oublier des livres à lire écrire des deux bords avant c'était un arbre. Un autre lieu. Une vieille femme dans un lit recroquevillée dans le blanc des draps des bouts de respiration sa vieille main n'écrit plus sa vieille main personne ne la tient avant c'était une mère.
(Suite de mots. Été 2018) SOUS LES ARBRES Nos corps sous les arbres sous la pluie le tien contre le mien le mien contre le tien debout nos pieds ancrés dans la terre le bruit des feuilles un oiseau chante je ne sais plus je me souviens ton corps contre le mien sous les arbres
(Suite de mots. Hiver 2018) TANGO Je te touche Tu me touches Nos corps Épousés Quelques tangos Je te quitte Tu me quittes Au loin Je te cherche Encore une fois Encore un tango Ton corps Échappé Le mien Accroché Tu ne reviens plus Étrangers
